Mémo culture : L’Architecture verte, vers des villes plus durables ?

Points saillants du débat de la troisième session du Cercle Franco-Tanzanien, qui s’est tenu le 25 février 2016.
Les panélistes étaient : Aline d’Amman, architecte et designer d’intérieur, Anoek de Smet, architecte et urbaniste travaillant en Tanzanie depuis 2009, Alphonce Kyessi, chercheur, consultant et professeur à l’Université d’Ardhi et John Paul Senyonyi, architecte et designer, co-fondateur et directeur du magazine ANA. Le débat a été modéré par Anitah Hakika, architecte et écrivain, co-fondatrice du magazine ANA.

Qu’est-ce-que l’architecture verte ?

L’architecture verte est une architecture responsable qui minimise l’empreinte de la technologie dans le monde et qui fait appel à une quantité de ressources réduite. Elle a un impact minimal sur la nature. Elle doit être durable non seulement écologiquement mais aussi s’inscrire durablement dans un contexte social. Citons ici l’exemple du Kariakoo building à Dar es Salaam.

La prise en compte du contexte et des ressources locales

C’est aussi une question d’équilibre entre l’environnement et le bâtiment.. Elle fait appel au bon sens et à la conscience du contexte de construction et des ressources disponibles sur place, à un endroit géographique donné. Un bâtiment vert à un endroit du monde ne le sera pas forcément dans un environnement complètement différent.

On peut bien sûr importer des idées venues d’ailleurs mais il faut les adapter à l’environnement de destination. Il est important d’être fier de sa culture et ne pas avoir peur de la réinterpréter. Il faut s’amuser dans ce processus de création.

L’architecture verte n’est pas que l’affaire des architectes, elle doit mobiliser toute la société

Il y va de la responsabilité de l’architecte de promouvoir une architecture plus verte, mais plus globalement les efforts de tous doivent être joints : des citoyens et clients qui façonnent la demande aux constructeurs qui doivent utiliser des matériaux durables en passant par les autorités locales.

L’architecture verte n’est pas réservée aux plus riches.

Il ne s’agit pas de faire appel à de la haute technologie ou de ne construire que des grands immeubles ultra modernes aux allures futuristes. A titre d’exemple, sur le site de Kilwa, l’on trouve des constructions traditionnelles très peu chères et très efficaces. Pour réduire les coûts, il faut tenir compte du contexte de la construction. De plus, les bâtiments verts permettent par la suite de faire des économies.

Il ne faut pas avoir peur de la nouveauté ou de l’expérimentation. Il y a beaucoup de choses très simples que nous pouvons faire au quotidien avec des moyens limités.

La promotion de l’architecture verte doit aussi se faire par la rénovation d’anciens bâtiments et la réhabilitation des zones urbaines délabrées.

L’architecture verte peut-elle aider à contrôler la croissance d’une ville ?

Dar es Salaam est appelée à devenir l’une des villes les plus grandes d’Afrique. Dans un tel contexte, des règles précises venant du gouvernement peuvent prévenir les constructions insensées. Les autorités locales ont un rôle à jouer car d’une part ce sont elles qui détiennent la connaissance de l’environnement et d’autre part elles sont mandatées pour définir les règles du vivre-ensemble. Mais les autorités locales bénéficient-elles du personnel adéquat ? Il paraît impératif que le personnel qualifié se joigne aux politiques. Actuellement, la situation dans le pays fait état d’une facilité à détourner les règles de construction voire même d’une absence pure de règlementation.

Aller plus loin : il faut développer une société durable ?

L’architecture durable ne doit pas être un effort isolé mais s’inscrire dans une perspective globale qui intègre tous les aspects de la vie en société (notamment le transport) afin de créer une société durable.

Dernière modification : 27/05/2016

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