Première conférence nationale sur l’agriculture biologique [en]

Les 26 et 27 novembre 2019, la première conférence nationale sur l’agriculture biologique s’est tenue à Dodoma, avec le Ministre de l’Agriculture tanzanien, Japhet Hasunga, comme invité d’honneur.

La Conseillère de Coopération et d’Action culturelle de l’Ambassade de France en Tanzanie, Cécile Frobert, la Directrice de l’AFD en Tanzanie, Stéphanie Mouen, et le Représentant de la FAO en Tanzanie, Fred Kafeero, ont participé à cette première conférence nationale sur l’agriculture biologique. L’évènement était cofinancé par l’Ambassade de France en Tanzanie, l’Agence suisse pour le développement et la coopération, le Liechtenstein Development Service et la FAO.

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L’objectif de l’évènement était de connecter les différentes initiatives tendant à développer les agroécosystèmes et à démontrer en quoi l’agriculture biologique est au cœur du développement durable grâce à son impact multidimensionnel :

(1) Sécurité et santé alimentaire : l’agro-écologie permet d’assurer une production alimentaire pérenne, résiliente et bonne pour la santé.
(2) Moyens de subsistance et industrialisation : l’agro-écologie permet d’améliorer les moyens de subsistance des petits agriculteurs et contribue ainsi à l’agenda d’industrialisation du pays.
(3) Résilience au changement climatique et préservation de l’environnement : l’agro-écologie permet aux communautés locales d’être plus résilientes face au changement climatique et aux conditions météorologiques extrêmes (périodes de sécheresse aigüe, inondations, augmentation du niveau de la mer, cyclones).

Afin d’atteindre cet objectif, l’évènement a réuni plus de deux cent acteurs et en particulier des représentants du gouvernement central et des autorités locales, du parlement, des partenaires de développement, de la société civile, du secteur privé, de la recherche et des médias.

Dans le cadre de cette première conférence nationale sur l’agro-écologie, Swissaid, Sustainable Agriculture Tanzania (SAT) et le Mouvement d’agriculture biologique de Tanzanie (TOAM) ont co-créé un documentaire sur l’agro-écologie en Tanzanie : https://www.youtube.com/watch?v=Kt-0RV_11DI&pbjreload=10
Par ailleurs, en amont de la conférence, quatre représentants majeurs du secteur de l’agro-écologie en Tanzanie ont participé à une interview réalisée par Capital TV, avec le soutien de l’Ambassade de France : Janet Maro (Fondatrice et Directrice exécutive de Sustainable Agriculture Tanzania), Jordan Gama (President d’AfroNet and Directeur exécutif du Mouvement d’agriculture biologique de Tanzanie (TOAM), Mwatima Juma (Responsable des programmes pour l’Afrique de l’Est et du Sud à l’IFAD), Dr. Vera Ngowi (Département sur l’environnement et la santé au travail, à l’Université MUHAS) : https://www.youtube.com/watch?v=X4J-Pge_CQs&feature=youtu.be

Cette conférence est le résultat d’un effort de collaboration important et unique, impliquant l’Ambassade de France, la FAO, la GIZ, l’Initiative pour une agriculture biologique écologique de l’Union africaine, la Fondation BIORE, le Mouvement d’agriculture biologique de Tanzanie (TOAM), l’Université d’agriculture de Sokoine (SUA), Sustainable Agriculture Tanzania (SAT), Tanzania Alliance for Biodiversity (TABIO), Milele Zanzibar Foundation (MZF), Pelum Tanzania, ECHO, SWISSAID, Control Union (CU) et l’Institut fédéral suisse de technologie de Zurich (ETHZ) .

Qu’est-ce que l’agro-écologie ?

L’agro-écologie est une approche de développement durable qui va au-delà d’un simple ensemble de techniques agricoles. Elle est spécifiquement basée sur des processus ascendants proposant des solutions contextualisées à des problèmes locaux. Les innovations agro-écologiques sont basées sur la co-création de savoir, combinant la science avec les connaissances et pratiques traditionnelles et locales des agriculteurs. Elle est également basée sur les principes de la permaculture et sur l’utilisation de techniques biologiques, utilisant les éléments naturels directement disponibles dans l’environnement tout en préservant ce dernier.

Quel rôle l’agro-écologie joue-t-elle dans un contexte de changement climatique ?

(1) Grâce à la préservation de la biomasse et à l’agroforesterie, l’approche agro-écologique présente un potentiel fort à long terme pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, lesquelles sont la première cause du réchauffement climatique et par là des effets du changement climatique.
(2) Outre ces effets d’atténuation, l’agro-écologie fournit également des outils pour s’adapter à la variabilité climatique, grâce à l’utilisation de pratiques locales et traditionnelles mieux adaptées aux sols, à la préservation des réserves en eau, aux précipitations et au patrimoine génétique (fumier local et paillage, semences locales , etc.).
(3) Le développement des écosystèmes intégrés et la diversification de l’utilisation des sols (mélange de cultures annuelles, cultures et élevage, etc.) participent à la fertilité des sols et assurent à leur tour la résilience des sols et des cultures face au changement climatique.

Comment l’agro-écologie améliore-t-elle les moyens de subsistance tout en participant à la sécurité alimentaire ?

En répondant aux défis du changement climatique, l’agro-écologie participe in fine à l’augmentation de la production et à l’amélioration de la productivité des rendements, assurant ainsi la sécurité alimentaire. En outre, les techniques naturelles (sans produits chimiques) utilisées par l’agro-écologie garantissent la qualité des aliments produits. Enfin, les techniques agro-écologiques nécessitant peu ou pas d’investissements financiers, elles participent également à la pérennité financière des petits exploitants agricoles.

Quelles sont les opportunités pour vendre les produits agro-écologiques sur le marché national et international ?

Aujourd’hui, en Tanzanie, un demi-million d’agriculteurs organisés en coopératives sont certifiés biologiques et ont accès au marché biologique et équitable. Par ailleurs, en raison d’une demande accrue de produits sains et de qualité dans le pays, de nouvelles opportunités de marché se créent chaque jour.
La demande de produits biologiques augmente également sur les marchés internationaux, avec une forte demande provenant des États-Unis, de l’Europe et de l’Inde. Ce sont là des opportunités clés pour les producteurs tanzaniens afin d’exporter leur production biologique.

Dernière modification : 26/02/2020

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